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Historiquement, la différence entre verre et cristal tient à la présence de plomb qui confère au cristal sa réfraction, son poids « noble » et sa sonorité si particulière. Depuis 1969, ces critères sont même devenus réglementaires, pour protéger l’appellation « cristal ».

Ça, c’est la réponse que vous trouverez partout sur internet. 

Une réponse bonne sur le papier, mais très incomplète dans les faits. Puisque cette réglementation est en train d’évoluer au niveau français. Et potentiellement au niveau européen dans les prochaines années. Une évolution qui forcerait les cristalleries à abandonner définitivement le plomb (oui, ce même critère qui fait foi depuis 1969). 

Par conséquent :
– Sur quels critères se basera la nouvelle réglementation pour distinguer verre, cristallin et cristal ?
– Sous quelles conditions ?
– Et sans présence de plomb, est-ce que le cristal s’appellera toujours “cristal” ?

On fait le point dans cet article. Réglementations officielles, appellations contrôlées, critères “terrain” et “officieux”… on vous explique tout (l’article sera mis à jour au fil du temps, en cas d’évolutions de la réglementation).

Table des matières

Verre & cristal : les différences, classées en 3 grandes familles (section importante pour comprendre la suite de l’article)

Entre verre, verre sonore, cristallin, cristal et désormais cristal sans plomb, le paysage des traditions verrières européennes n’est pas toujours simple à comprendre de l’extérieur. 

Pour faciliter la compréhension, nous avons donc construit cet article en “3 grandes familles” de différences :

1 : Les différences “terrain”
Les critères visuels et physiques qui distinguent le verre du cristal (et leurs potentielles évolutions).

2 : La différence réglementaire.
Ce que dit la loi sur l’appellation “cristal” et ses évolutions à venir.

3 : La différence réputationnelle
La différence dont personne ne parle, mais que tout le monde connaît et comprend.

1ère grande famille : Les différences “terrain”

Les 7 différences terrain actuelles

La composition

Principale différence dont découlent toutes les autres : les matières premières utilisées.

– Pour le verre ordinaire (qu’on appelle aussi “verre sodocalcique”), la composition se résume à un mélange de silice, de soude et de chaux.

Pour le cristal, la composition garde la silice comme vitrifiant, mais remplace la soude par de la potasse et la chaux par de l’oxyde de plomb (minimum 24%).

Dans les deux cas, on ajoute également une petite quantité de verre et cristal recyclés. Pour le verre, on parle de “calcin”. Pour le cristal, de “groisil”.

Précision : l’absence historique de plomb dans la composition du verre est notamment ce qui justifie que le verre de Murano ne doit jamais être appelé « cristal de Murano” ou “cristal vénitien”, qui sont des abus de langage. Le seul terme qui s’en rapproche, c’est “cristallo”, qui correspond à un type de verre de Murano, inventé par Angelo Barovier. Mais encore une fois, même si ce “cristallo” a des caractéristiques visuelles proches du cristal, ça reste du verre (= pas de plomb). Pour comprendre les différences entre le verre et le verre de Murano, ainsi qu’entre le cristal et le verre de Murano, cliquez sur les liens pour consulter les articles respectifs.

La réfraction/éclat

Le cristal possède un indice de réfraction supérieur à celui du verre ou du cristallin (pour le cristal, l’indice de réfraction est fixé à >1,545. Contre ~1,520 pour le verre & cristallin).

Autrement dit : 

– La transparence du cristal est quasi absolue. Le verre, lui, laisse apparaître de légers reflets verdâtres, grisâtres ou bleutés.

– Le cristal réfléchit mieux la lumière. Exposé à une source de lumière naturelle, il offre des reflets de couleurs arc-en-ciel somptueux. Le verre, lui, laisse passer la lumière sans rien provoquer.

Pour plus de détails, consultez notre article sur l’authentification du cristal.

La sonorité

Malgré que le phénomène varie selon la forme, l’épaisseur ou l’état, une pièce en cristal produit un son clair et prolongé (le fameux “tiiiiiiiiiiiiing”, appelé “son cristallin”). 

Tandis que le verre, luiproduit un son lourd et court pour les pièces les plus fines. Pour les plus épaisses… aucun son.

Le poids

Le plomb est un métal lourd, qui augmente la densité du cristal. Par conséquent, une pièce en cristal est plus lourde qu’une pièce en verre, à taille et épaisseur équivalentes.

Pour les chiffres exacts :
– La densité légale pour le cristal supérieur (+30% de plomb) est > 3,00.
– Pour le cristal au plomb (+24% PbO) on est sur > 2,90.
– Pour le cristallin, > 2,45.
– Et pour le verre, ~2,5.

En clair, à taille et épaisseur équivalentes, le cristal est ~16% plus lourd que le verre. Et ~20% plus lourd pour le cas du cristal supérieur (ex : l’ancien cristal de Baccarat).

La facilité de travail (la “tendresse” de la matière)

Grâce à la présence de plomb, le cristal est plus tendre et plus malléable que le verre, qui doit constamment être réchauffé pour être travaillé. Résultat : pour les artisans maîtres verriers, le cristal est plus facile à souffler à chaud et à travailler à froid (tailler, graver, décorer).

Raison qui explique notamment pourquoi les pièces en cristal arborent des tailles plus profondes et plus précises, ainsi que des décors plus somptueux.

Sans parler du fait, bien sûr, que le plomb abaisse la température de fusion du mélange. Et donc, réduit la consommation d’énergie.

La dureté

Aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, la présence de plomb rend le cristal plus tendre, mais pas plus dur. 

Le cristal est ainsi plus sensible aux chocs et aux variations de température que le verre.

La fabrication

Dernière différence “terrain” notable : la fabrication.

Celle du cristal est restée 100% artisanale.
– Là où celles du verre et du cristallin se sont massivement industrialisées avec le temps.

Une différence de fabrication qui se répercute dans le prix du cristal, bien plus coûteux que le verre. Mais c’est le prix à payer pour une pièce artisanale, née de la main de l’homme. Et non du bras d’une machine.

Les potentielles évolutions de ces différences “terrain”

Ces 7 différences, vous les verrez mentionnées partout. Puisque ce sont celles historiquement valides. En revanche, ce que vous verrez mentionné plus rarement, c’est le fait que certaines de ces différences risquent bientôt de n’être que du passé. 

Pourquoi ? Parce que la réglementation sur le plomb évolue. Et donc avec elle, les critères de différenciation. 

Forcément, si la présence de plomb disparaît de la composition du cristal, une question émerge rapidement… ça devient simplement du verre, non ? Eh bien non, pas du tout. Parce que les autorités ont prévu le coup avec une appellation protégée “cristal sans plomb”, pour éviter les abus actuels. Une appellation reprenant certains critères du cristal au plomb, sans la présence de ce métal toxique.

On en parle en détail plus bas, mais en résumé :

La composition se verra modifiée pour en élever le plomb (remplacer par d’autres oxydes métalliques, non toxiques)

 Le travail des artisans se verra chamboulé. Parce que sans présence de plomb qui rend la matière plus malléable, le travail à chaud et à froid devient bien plus difficile. Octroyant encore plus de mérite aux maîtres verriers des cristalleries.

Tandis que :

Les différences de réfraction, d’éclat, de son et de densité resteront sensiblement les mêmes.

Tout comme la différence de fabrication, qui restera probablement 100% artisanale pour le cristal sans plomb (puisque seules les grandes cristalleries arriveront à s’aligner sur les nouvelles normes, sans industrialiser).

Mais pour comprendre tous ces changements, il faut d’abord comprendre la réglementation derrière…

2ème grande famille : La différence réglementaire depuis 1969 (ce que dit la loi sur l'appellation “cristal” et ses futures évolutions)

La loi européenne en vigueur depuis 1969

sPour éviter les abus et garantir aux consommateurs la qualité, l’authenticité & la noblesse des pièces, l’appellation “cristal” est protégée en Union Européenne depuis la directive 69/493/CEE du 15 décembre 1969.

Une directive qui harmonise les législations des États membres sur le cristal et le verre. Et qui permet, en plus de limiter les fraudes, de protéger les quelques cristalleries européennes perpétuant toujours le savoir-faire artisanal de la fabrication du cristal.

Concrètement, un fabricant ne peut pas écrire “cristal” sur une pièce parce qu’elle brille. Il doit respecter certains critères, dans des seuils précis et mesurables.

Ces critères ? On les a déjà cités plus haut :
– Le pourcentage d’oxyde de plomb.
– La densité.
– L’indice de réfraction.

Pour faciliter la compréhension, voici le tableau comparatif avec les taux en vigueur sur chacun de ces critères :

Tableau récapitulatif

 OxydesDensité
Indice
de réfraction
 

Dureté

 

Cristal supérieurPbO (plomb) > 30%> 3.00> 1,545 
CristalPbO (plomb) > 24%> 2.90> 1,545 
CristallinZnO, BaO, PbO, K₂O :
séparément ou ensemble > 10%
> 2.45> 1,520 
Verre sonoreBaO, PbO, K₂O :
séparément ou ensemble > 10%
> 2.40 Vickers
550 ± 20
Verre
(sodocalcique)
 ~ 2,5~ 1,52 

Source du tableau : Annexe 1 de la directive 69/493/CEE.
*Verre sodocalcique : aucune appelation protégée, valeurs indicatives.

4 précisions au sujet de cette directive :

– Une pièce en “cristal 24% PbO” peut légalement en contenir 23,95%. La directive prévoit des tolérances : si la moyenne d’au moins trois analyses atteint 23,95%, la pièce est classée comme “cristal 24% PbO. Même chose pour le cristal supérieur, mais avec une moyenne fixée à 29,95%.

– Il existe du “cristal” à 18% d’oxyde de plomb. Suite à une dérogation nationale, vous pourrez trouver sur le marché allemand, un verre pressé à 18% de PbO et de densité >2,70 légalement vendu sous la dénomination “PressBleiKristal”. Attention à ne pas vous faire avoir si vous achetez en Allemagne.

– Aux États-Unis, c’est encore pire : le seuil d’oxyde plomb pour être appelé “crystal” n’est que de 2%. Soit 12x qu’en France. Méfiance, donc, si vous achetez sur un site américain (ou en boutique).

– Ne confondez pas le verre et le verre de Murano. Car contrairement au verre ordinaire, le verre de Murano possède sa propre loi locale, reconnue par le gouvernement Italien. Une loi spécifique au verre de Murano, pour protéger son appellation, son origine géographique, ses matières premières et ses techniques de fabrication.

L'arrêté français en vigueur depuis 2024

Cette directive européenne fait foi depuis 50 ans et permet, depuis tout ce temps, de protéger la noblesse du cristal. Mais elle a un défaut : elle repose en grande partie sur la présence de plomb. 

Or, une autre directive européenne du 13 mars 2024 prévoit des valeurs limites d’exposition au plomb pour protéger la santé des salariés. Des seuils qui, dès le 31 décembre 2028, rendront mécaniquement impossible l’ajout de plomb dans la composition du cristal, dû à ces seuils inatteignables en atelier. En clair : le plomb n’est pas directement interdit. Mais les seuils fixés, eux, rendent son utilisation impossible.

De là, une question se pose : que devient le mot “cristal”, le jour où l’ingrédient principal qui le définit disparaît ? 

Toutes les cristalleries attendent la réponse. Notamment via une évolution de la réglementation, pour y introduire un cadre clair pour l’appellation “cristal sans plomb” et éviter les abus.

C’est chose faite en France depuis 2024, qui ouvre le bal avec son arrêté du 24 mai, introduisant une nouvelle dénomination “cristal sans plomb” et les caractéristiques techniques pour l’employer.

Pour vous épargner la lecture de l’arrêté, voici ce qu’il faut retenir :

1 : Le cristal sans plomb fait son apparition
Désormais, les seules dénominations légales pour vendre en France sont : cristal supérieur 30%, cristal au plomb 24%, cristal sans plomb, cristallin et verre sonore.

2 : Ses caractéristiques sont similaires à celles du cristal au plomb (cf : le tableau plus bas).
L’arrêté indique que le cristal sans plomb est un cristal en oxydes métalliques d’au moins 24%, sans ajout intentionnel d’oxyde de plomb. Par conséquent, le seuil des 24% ne disparaît pas, il change simplement de nature. Pour passer de “24% d’oxyde de plomb” à “24% d’oxydes métalliques”. En plus de cela, l’arrêté fixe également un indice de réfraction quasiment équivalent au cristal au plomb et une densité inférieure de seulement 8,5 à 12,5%. Conclusion : le cristal sans plomb conserve l’éclat, la brillance et la transparence si caractéristiques du cristal, mais sans la toxicité du plomb. C’est ensuite aux cristalleries de se débrouiller pour adapter leurs recettes.

3 : Cette obligation concerne le marché français
Autrement dit : même les cristalleries étrangères doivent se plier à cette nouvelle norme si elles veulent vendre en France.

4 : Cet arrêté est uniquement valable pour le marché français
C’est la grande question encore en suspens dans la filière verrière. Car cet arrêté est français, pas européen. Pour le moment, la directive de 1969 n’a jamais été révisée pour intégrer le cristal sans plomb. Pourtant, la directive menant à la disparition du plomb dans la composition du cristal est bien européenne. Une situation assez paradoxale. Tout le monde attend donc maintenant l’application au niveau Européen.

5 : C’est la DGCCRF qui contrôle
L’arrêté précise bien que c’est le directeur général de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes qui est chargé de son exécution. Conclusion ? Cet arrêté n’est pas ”une charte de bonne conduite”, mais bien un élément juridique opposable.

Bonus : faites attention aux contenus internet affirmant que pour remplacer le plomb, les cristalleries ajoutent systématiquement du baryum. Parce que même si le baryum aurait la préférence des manufactures, un brevet de cristal sans plomb déposé par Baccarat en 1992, revendiquait une composition sans oxyde de baryum en raison de sa toxicité. Preuve que le débat n’est pas clos et que chaque cristallerie teste ses propres recettes, en secret. Leur composition étant secrète, nous nous retiendrons, de notre côté, d’affirmer quoi que ce soit.

Tableau récapitulatif​

 OxydesDensité
Indice
de réfraction

 
Dureté
 
Texte légal
de référence

 
Cristal
supérieur
PbO (plomb) > 30%> 3.00> 1,545 Directive
69/493/CEE (UE)
CristalPbO (plomb) > 24%> 2.90> 1,545 Directive
69/493/CEE (UE)
Cristal
sans plomb
Oxydes métalliques > 24%
sans ajout intentionnel
de PbO (plomb)
Inférieure de 8,5 à
12,5% à celle
du cristal
Similaire au
cristal
 Arrêté du
24/05/2024 (FR)
CristallinZnO, BaO, PbO, K₂O :
séparément ou ensemble > 10%
> 2.45> 1,520 Directive
69/493/CEE (UE)
Verre sonoreBaO, PbO, K₂O :
séparément ou ensemble > 10%
> 2.40 Vickers
550 ± 20
Directive
69/493/CEE (UE)
Verre
(sodocalcique)
 ~ 2,5~ 1,52 Aucune
appellation
protégée

Source du tableau : Annexe 1 de la directive 69/493/CEE, complété avec les informations de l’arrêté français de mai 2024.
*Verre sodocalcique : aucune appelation protégée, valeurs indicatives.

Notre coup de gueule

On vient de le voir, le cristal sans plomb a désormais une dénomination officielle et ses propres critères pour être vendu sur le marché français. 

Par conséquent, le cristal sans plomb n’est ni du verre, ni du cristallin. Ce sont 3 types de verre bien distincts :
– Cristal sans plomb : minimum 24% d’oxydes métalliques.
– Cristallin : minimum 10% d’oxydes métalliques.
– Verre : pas de minimum, souvent 0%.

Ce qui nous amène à notre coup de gueule de cet article :
Parce que, malgré cet arrêté et la loi en vigueur, nous voyons encore certains sites associer les termes “cristal sans plomb” et “cristallin” ensemble. Ou même, vendre des pièces en verre bas de gamme sous le terme “verre cristal / cristal sans plomb”. Preuve d’une véritable incompétence ou d’une volonté de mentir aux consommateurs pour vendre plus, cela reste à déterminer. Quoi qu’il en soit, ne vous faites pas avoir par les sites mentionnant des pièces “en cristal sans plomb, dit aussi cristallin”. Les deux n’ont rien à voir, car les deux ne répondent pas aux mêmes propriétés.

Ce qui nous offre une transition parfaite pour la partie suivante…

Comment différencier le cristal sans plomb… du verre et du cristallin ?

Côté Européen, les cristalleries attendent toutes l’harmonisation du cadre légal. Et côté français, on vient de le voir, certains sites n’hésitent pas à utiliser la mention “cristal sans plomb” à tort, malgré l’arrêté de mai 2024 (probablement en pariant sur le fait qu’aucun consommateur ne lancera une procédure en justice pour tromperie).

Mais alors dans ce cadre plus qu’incertain, comment différencier une pièce en verre bas de gamme, d’une pièce en cristal sans plomb haut de gamme ?

Pour le moment, 3 solutions s’offrent à vous :

1 : Les tests physiques
Certains critères “physiques” restent valables, tels que la réfraction et le poids. Par exemple, étant donné que la densité du cristal sans plomb n’est que de 8,5 à 12,5% plus faible que le cristal au plomb, il reste nettement plus lourd qu’un verre sodocalcique. 

2 : Le prix
Un autre indice qui reste toujours valable : le prix. Suite à cette future impossibilité d’utiliser le plomb, les cristalleries ont dû massivement investir pour élaborer de nouvelles recettes et moderniser leurs outils (ex : Baccarat engage 68M€. Saint-Louis, 30M€). Par conséquent, entre le coût des nouvelles matières premières pour respecter les normes, le coût croissant de l’énergie et le coût de la main-d’œuvre, une pièce en véritable cristal sans plomb, fabriquée artisanalement, coûte cher. Ainsi, si vous tombez sur un site vous proposant un pack de 6 verres en “cristal sans plomb” à 40-80€… méfiance.

3 : La connaissance du marché
La dernière solution, probablement la plus fiable, est simplement de connaître les cristalleries productrices de véritables cristal sans plomb, ainsi que leurs revendeurs. D’autant que la liste n’est pas très longue : la première cristallerie ayant déjà réussi le virage du cristal sans plomb avec succès, c’est la cristallerie bohêmienne Moser (qui en produit depuis 1893). Suivi de deux autres cristalleries tchèques Artěl et Rückl. En France ? Seuls Baccarat, Saint-Louis, Lalique et Daum ont investi pour se mettre aux normes. Résultat : si le site revendeur est incapable de vous fournir les certificats d’authenticité de ces cristalleries, méfiance également. Car en dehors de ces dernières, il convient de parler de “cristal au plomb 24%”, de “cristallin”, de “verre”, ou de “verre de Murano” pour le verre fabriqué sur cette île de Venise.

Pour notre part, nous avons fait le choix de ne revendre que des pièces haut de gamme en cristal (24% PbO ou plus) et en cristal sans plomb, de fabrication artisanale.

3ème grande famille : La différence dont personne ne parle (ce que l'objet dit de vous)

Composition, indice de réfraction, densité, seuils légaux… nous avons passé cet article à mesurer, comparer et expliquer les directives officielles (afin de rétablir la vérité, dans un univers internet avec beaucoup de mensonges).

Maintenant, soyons honnêtes deux minutes : personne n’a jamais sorti un réfractomètre après avoir reçu sa pièce en cristal.

Pourquoi ?
Parce que la vérité que les textes réglementaires ne diront jamais, c’est que la distinction verre/cristal n’a jamais reposé uniquement sur la présence ou non de 24% d’oxyde de plomb. 

La vraie différence historique, qu’aucune réglementation ne pourra ébranler, c’est ce qu’une pièce en cristal signifie depuis sa création en 1675 : la noblesse, le pouvoir, le prestige et surtout, le luxe de s’offrir une pièce que personne d’autre ne peut s’offrir. Une pièce façonnée de la main de l’homme, selon des gestes inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Elle est là la différence :
Une pièce en verre se remplace. 
Une pièce en cristal se transmet.

Un service en cristal :
– Se range dans un buffet.
– Se sort pour les grandes occasions.
– Se lègue en héritage.

Aucune de ces phrases n’a de sens avec un verre de supermarché.

Donc, rassurez-vous : même sans présence de plomb, le cristal ne redeviendra jamais du verre. Car il n’en a jamais été.

Verre, cristal et cristal sans plomb : le tableau comparatif complet pour faire la différence en un coup d'œil

 CompositionPoids/
Densité
Indice
de réfraction

 
Dureté
 
SonFabrication
 
Prix/verre (indicatif)Statut
 
Texte légal
de référence

 
Cristal
supérieur
Silice + potasse + plomb (>30%)
+ groisil
> 3.00> 1,545 Son cristallin (aigu & prolongé)100% artisanale+200€ minimum/verreLuxe & transmissionDirective
69/493/CEE (UE)
CristalSilice + potasse + plomb (>24%)
+ groisil
> 2.90> 1,545 Son cristallin (aigu & prolongé)100% artisanale~100€ minimum/verreLuxe & transmissionDirective
69/493/CEE (UE)
Cristal
sans plomb
Silice + potasse +
oxydes métalliques (>24%)
+ groisil
Inférieure de 8,5% à 12,5%
à celle du cristal
Similaire au
cristal
 Son cristallin (aigu & prolongé)100% artisanale+200-300€ minimum/verreLuxe & transmissionArrêté du
24/05/2024 (FR)
CristallinSilice + potasse +
ZnO, BaO, PbO, K₂O (>10%)
+ groisil
> 2.45> 1,520 Son plus lourd & courtMassivement
industrielle
~5-20€/verreUsage
quotidien
Directive
69/493/CEE (UE)
Verre sonoreSilice + potasse + BaO, PbO, K₂O (>10%)
+ groisil
> 2.40 Vickers
550 ± 20
Son cristallin (aigu & prolongé)Massivement
industrielle
~5-20€/verreUsage
quotidien
Directive
69/493/CEE (UE)
Verre (sodocalcique)Silice + soude
+chaud + groisil
~2,5~1,52 

Son plus lourd & court (voire aucun son)

Massivement
industrielle
~1-5€/verreUsage
quotidien
Aucune appellation protégée

Conclusion

La différence entre le verre et le cristal ne tient pas à une impression, mais à des critères réglementés :
– La présence d’au moins 24% d’oxydes, historiquement du plomb.
– L’éclat (indice de réfraction > 1,545).
– Le poids noble en main, ~16% supérieur à celui du verre.

Auxquelles viennent s’ajouter :
– Un son cristallin chantant.
– Une malléabilité qui permet aux artisans de le tailler comme aucun verre ne peut l’être.
– Une fabrication 100% artisanale, là où le verre est produit industriellement.
– Un symbole de prestige.

Ainsi, même si le plomb s’apprête à disparaître des ateliers d’ici fin 2028, pour protéger la santé des artisans, soyez rassurés : un cristal sans plomb ne deviendra jamais du verre. Les cristalleries et les autorités investissent précisément pour que rien ne change : ni l’éclat, ni le geste, ni ce qui fait que le cristal trône sur les tables royales depuis 4 siècles : son symbole.

Pour connaître l’histoire complète du cristal, consultez notre article dédié.

Et pour vous offrir des pièces en cristal et cristal sans plomb, façonnées main par les meilleurs maîtres verriers du monde, jetez un œil à notre sélection de verres en cristal, de carafes en cristal, de vases en cristal et même de lustres en cristal.

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