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Si on vous dit “pâte de verre”, vous pensez instantanément à Art Nouveau, lampes champignons, ou même à Daum et sa fameuse pâte de cristal. 

Mais savez-vous réellement comment cette matière iconique est fabriquée ? 

Entre création du modèle original, créations de moules, cuisson, sens du détail… la fabrication de la pâte de verre est un art que peu arrivent à dompter. Surtout quand on voit la patience que cela nécessite : quelques semaines pour les pièces basiques à plusieurs mois pour les plus complexes.

Dans cet article, on vous détaille, étape par étape, comment se fabrique la pâte de verre / cristal.

Vous voulez connaître l’histoire complète de la pâte de verre, ses origines, sa ré-découverte, etc. ? Dirigez-vous vers notre article dédié : « Tout savoir sur la pâte de verre ».

Et pour connaître la fabrication d’une matière voisine, consultez notre article sur la fabrication du cristal.

Table des matières

Avant de commencer : quelle est la différence entre pâte de verre, pâte de cristal, cire perdue ?

Avant de plonger dans le process de fabrication en lui-même, il est important de clarifier ce point car beaucoup continuent encore de faire la confusion.

Voici un petit récap pour enfin mettre les choses au clair :

La pâte de verre :
C’est une matière, issue de verre concassé (appelé “calcin”) refondu dans un moule. Une matière au grain particulier, légèrement granuleux, mat, presque céramique.

La pâte de cristal :
C’est simplement la variante “haut de gamme” de la pâte de verre, dans laquelle on ajoute du cristal. La reine de cette matière ? La cristallerie Daum, évidemment, qui introduit cette appellation dans les années 60 avec sa pâte de cristal contenant +30% d’oxyde de plomb. Résultat ? Brillance, détails et profondeur de couleur caractéristiques que personne n’a jamais réussi à égaler. Mais comme toutes les grandes cristalleries, Daum doit s’adapter aux potentielles nouvelles normes sur la présence de plomb dans le cristal. Pour en savoir plus, on vous invite à lire la section dédiée un peu plus bas.

La cire perdue :
Contrairement à la pâte de verre et la pâte de cristal, la cire perdue n’est PAS une matière, mais une technique (empruntée à la sculpture de bronze). Plus précisément, la technique de moulage utilisée pour fabriquer la pâte de verre/cristal. Le principe ? On moule un objet en cire, on l’enferme dans un moule en plâtre et on fond la cire pour qu’elle s’évacue (dont le « perdue ») et laisse un creux qui sera rempli de matière.

Le lexique de la fabrication de la pâte de verre à connaître

Tout comme le cristal, la fabrication de la pâte de verre possède son propre vocabulaire, hérité d’une tradition millénaire partagée entre verriers, sculpteurs et chimistes.

Certains termes sont communs avec le cristal, d’autres sont uniques. Quoi qu’il en soit, il est important de connaître les essentiels afin de ne pas être perdu.

Alors avant de plonger en détail dans les étapes de fabrication, voici les termes indispensables à connaître (et qui seront utilisés tout au long de l’article) :

Calcin : Ingrédient phare de la pâte de verre, le calcin est le terme technique pour désigner le verre concassé qu’on introduit dans le moule en plâtre réfractaire.

Groisil : Même principe, mais désignant cette fois-ci les morceaux de cristal (et non de verre !). Terme propre à la pâte de cristal.

Moule réfractaire : Moule en plâtre (souvent à usage unique) capable de supporter la chaleur de cuisson.

Élastomère : Matériau souple (type caoutchouc) utilisé pour réaliser le moule négatif épousant le modèle original avant la phase cire perdue. 

Recuit (ou recuisson) : Refroidissement très lent et contrôlé (jusqu’à plusieurs semaines pour les grosses pièces) destiné à éliminer les tensions internes et éviter que la pièce n’éclate.

La fabrication de la pâte de verre/cristal en 10 étapes

De la première idée à la signature de la pièce finale, la fabrication d’une pâte de verre mobilise plus d’une dizaine d’étapes successives, étalées sur plusieurs jours, semaines, ou mois.

Voici comment naît, étape par étape, une pièce en pâte de verre :

Étape 1 : Le modèle original

Tout comme le cristal, la fabrication d’une pièce en pâte de verre/cristal débute toujours par une idée.

Une idée mise en vie par des sculpteurs qui s’occupent de créer le modèle de cette pièce (bien souvent à partir d’un dessin ou d’une esquisse, etc.).

Un travail réalisé à l’aide de matériaux souples : terre cuite, plâtre, argile, ou plastiline (c’est une sorte de pâte à modeler spéciale modelage, utilisée dans les ateliers d’art)… et pendant lequel tous les détails fins de la pièce sont travaillés : volumes, expressions, textures, etc.

Un travail crucial qui demande, au-delà du savoir-faire de modelage, goût prononcé pour l’esthétique et sens du détail.

Étape 2 : Le moule en élastomère

Une fois le modèle original façonné & validé, il faut le figer pour conserver sa forme :

1 : Pour ça, on utilise du caoutchouc silicone (aussi appelé élastomère) pour recouvrir entièrement le modèle. Pourquoi de l’élastomère ? Pour ses propriétés élastiques qui lui permettent d’épouser à la perfection chaque détail du modèle et ainsi, de le reproduire fidèlement.

2 : Une fois sec, on extrait le modèle original pour obtenir ce qu’on appelle un moule négatif souple.

Information importante à retenir :
💡 Ce moule en élastomère est réutilisable. Chez Daum par exemple, un seul moule permet de tirer 50 à 200 exemplaires d’une même œuvre. C’est ce qui explique pourquoi beaucoup d’éditions sont en tirage limité.

Étape 3 : Le coulage de la cire

C’est à cette étape-là que la technique de la “cire perdue” entre vraiment en jeu puisque :

1 : L’artisan coule de la cire chaude liquide dans le moule en élastomère.

2 : Puis après refroidissement & démoulage, il obtient la réplique exacte du modèle… en cire.

3 : Il peut ensuite retoucher quelques détails, notamment les plus fins, impossibles à reproduire sur le modèle plâtre/terre.

Étape 4 : Le moule en plâtre réfractaire

Juste avant de “perdre” la cire, la pièce est recouverte d’un plâtre réfractaire à base de kaolin et/ou chamotte (= terre cuite broyée). Et c’est à ce moment-là que l’artisan prévoit un trou, qui servira de canal d’évacuation à la cire à la prochaine étape.

Contrairement au moule en élastomère de la 2ème étape, chaque moule en plâtre réfractaire est à usage unique. 

Et doit être ni trop rigide (pour absorber les contractions du verre lors de la cuisson) ni trop fragile (pour ne pas s’effondrer à 900°C). Tout un équilibre subtil à trouver.

Étape 5 : Le décirage

Nous voilà enfin à l’étape qui donne son nom à la technique de “la cire perdue” :

1 : Le moule en plâtre réfractaire conçu à l’étape en°4 est placé dans une étuve.

2 : Puis montée en température délicatement (~150 à 300°C) pour que la cire fonde et qu’elle s’écoule par le trou prévu (le fameux “canal d’évacuation dont on parlait à l’étape précédente). La cire est ainsi “perdue » pour de bon.

3 : Le moule est ensuite chauffé jusqu’à ~600°C pour être consolidé et débarrassé de toute trace de cire.

À ce stade, vous obtenez un moule creux en plâtre réfractaire, prêt à recevoir le calcin (le verre) ou le groisil (dans le cas de la pâte de cristal).

Étape 6 : Le remplissage avec le calcin/groisil

Après la cire, place à la matière finale : le verre (ou le cristal)

Pour ça :
Les morceaux de matière calcin/groisil, colorés et préalablement pesés au gramme près (pour que la quantité corresponde exactement au volume de la pièce) sont bien souvent incorporés à des pots, placés au-dessus du moule en plâtre réfractaire. 

Pourquoi ?
Pour qu’une fois dans le four et soumis à sa chaleur, ces derniers fondent et épousent parfaitement la forme du moule.

Étape 7 : La cuisson

Pour la cuisson, on vient de le dire : le moule et les morceaux de calcin/groisil sont placés dans un four chauffé à ~900°C.

Durée totale de la cuisson ?
Entre 4 à 21 jours selon la taille de la pièce.

Pourquoi aussi long ? 
Parce que, tout comme un plongeur a des paliers de dépressurisation à respecter pour éviter la mort, la pâte de verre a des paliers de chauffe à respecter pour éviter les fissures. La courbe de cuisson est ainsi calculée précisément : la matière ne doit ni s’écouler ni se déplacer dans le moule. Une science de la cuisson qui confère à la pâte de verre/cristal ses dégradés et juxtapositions de couleurs uniques qu’on ne peut obtenir d’aucune autre manière.

Étape 8 : Le recuit

Tout comme les pièces en cristal, la pâte de verre doit passer par une étape de “recuit” (selon l’artisan, soit dans un four dédié, soit dans le même four que la cuisson).

Pourquoi cette étape ?
Pour avoir un refroidissement progressif et contrôlé de la pièce et éviter l’éclatement (ces dernières sont sensibles aux chocs thermiques).

Chiffre à connaître :
💡 Pour une seule pièce, on parle parfois d’un délai de +3 semaines entre l’enfournement et le démoulage. Et dans une économie où tout se mesure en heures de production, on comprend mieux le prix de certaines pièces…

Étape 9 : Le démoulage

Cette étape, c’est un peu Noël pour les artisans : ils “déballent” délicatement la pâte de verre/cristal en cassant le moule en plâtre à la main… sans savoir à quoi s‘attendre.

Parce qu’il y a toujours une part d’incertitude sur le rendu final des couleurs. 

Mais c’est aussi ça qui fait que chaque pièce est unique au monde, car même au sein d’une même collection, les nuances de couleur, la disposition des bulles d’air, la profondeur des dégradés… ne sont jamais identiques.

Étape 10 : Les finitions à froid & le contrôle qualité

Une fois la matière refroidie et sortie de son moule, c’est le moment de lui refaire une petite beauté ;

Avec un polissage manuel de certaines parties. Pourquoi “certaines” parties ? Pour créer un contraste entre les surfaces lisses, polies et les surfaces mates, laissées brutes. Contraste caractéristique de la pâte de verre.

La pièce passe également par un ébarbage pour éliminer les coulures éventuelles.

Avant de passer son contrôle qualité, étape fatidique où la pièce est soit validée, soit détruite. Pour votre culture, le taux de rejet annuel à cette étape peut monter jusqu’à 60% pour les pièces techniques dans les grandes cristalleries telles que Daum.

Puis, si (et seulement si) la pièce a été validée… elle est signée, numérotée et enfin prête à être mise en vente !

Bonus : la révolution silencieuse de la pâte de cristal

Si la pâte de verre traditionnelle traverse les époques sans grande remise en question de sa composition, sa cousine plus prestigieuse “la pâte de cristal” vit probablement ses dernières années.

Pourquoi ?
Parce que le règlement REACH (règlement européen sur les substances chimiques) qui octroyait une dérogation au cristal pour la présence de plomb dans sa composition… attend une ré-édition d’ici 2027/2028. Et les bruits de couloir laissent entendre que cette dérogation ne serait pas réitérée.

En cause principale : 
La santé des salariés, encore trop exposée au plomb.

Un motif louable et totalement compréhensible, mais qui force Daum à ré-inventer sa pâte de cristal (contenant pour le moment +30% d’oxyde de plomb) afin d’être aux normes.

Pour comprendre en détail les implications de cette (potentielle) nouvelle norme, consultez notre article sur la composition du cristal.

Et du coup, ça prend combien de temps de fabriquer une pièce en pâte de verre/cristal (et pourquoi ça coûte aussi cher) ?

Question difficile, tant la réponse dépend de plusieurs facteurs : taille de la pièce, complexité du modèle, nombre de couleurs, talent des artisans, etc.

Mais pour vous donner une fourchette :
Pour une pièce courante, comptez 3 à 6 semaines minimum. Et pour les pièces plus complexes ou monumentales : plusieurs mois minimum.

Si vous couplez ce temps de fabrication (et donc la consommation énergétique) avec :

– Les moules qui certains sont à usage unique (= pas d’économie d’échelle).

– L’intervention de plusieurs artisans qualifiés (sculpteur, mouleur, fondeur, polisseur) pour UNE seule pièce.

– Et le taux de rejet élevé (jusqu’à 60% dans le haut de gamme).

On comprend un peu mieux pourquoi les pièces en cette matière coûtent si cher. 

Pour le prix ? Parlons-en : 
De quelques centaines d’€ pour les pièces simples (ex : abat-jour en pâte de verre) à plusieurs dizaines (voire centaines !) de milliers d’€ pour une pièce monumentale chez Daum.

Comment reconnaître une pièce faite à la cire perdue ?

Pour ça, il y a 4-5 indices visuels à connaître :

1 – Le grain particulier de la matière : sa surface est légèrement granuleuse, parfois comparée à une « peau de pêche »

2 – Les juxtapositions de couleurs : plusieurs teintes coexistent dans la même pièce. Et ces dégradés sont impossibles à obtenir, autrement que sur une pâte de verre/cristal.

3 – La présence de bulles d’air emprisonnées : ce qui pourrait être vu comme un défaut de conception, est en réalité la signature de la technique.

4 – La translucidité partielle : contrairement au cristal qui lui est d’une transparence absolue, les pâtes de verre/cristal ne sont ni totalement transparentes, ni opaques. C’est un mix subtil : elles laissent passer la lumière de façon douce, légèrement laiteuse.

5 – La signature : la plus évidente de toute, vérifiez la présence de signature & d’estampille. Les pièces de grandes cristalleries sont quasiment toutes signées. Et dans le cas de la pâte de cristal, Daum est la seule référence mondiale à maîtriser cette matière. Donc si vous ne voyez pas leur signature : alerte.

Pour aller plus loin sur l’authentification, consultez notre guide dédié.

Conclusion

Maintenant que vous savez comment elles sont fabriquées, vous regarderez probablement vos pièces en pâte de verre avec un autre œil. 

Parce que, tout comme la fabrication du cristal dans les grandes maisons,  la cire perdue est l’une des dernières techniques verrières où machine & série ont été refusées, au profit de l’excellence artisanale d’hommes & femmes perpétuant le savoir-faire.

Pour poursuivre votre exploration, lisez notre guide complet de la fabrication du cristal.

Ou alors jetez un œil à notre sélection de lampes & abat-jours en pâte de verre.

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