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Comme bon nombre d’objets de Murano, le miroir vénitien est l’un des objets de décoration les plus copiés au monde. Et pour une raison simple : c’est aussi l’un des plus convoités par les puissants de ce monde, depuis sa création en 1540.

Une convoitise qui atteint son apogée quand, dès 1665, Louis XIV envoya des espions corrompre des verriers de Murano pour percer les mystères de cet objet de prestige et habiller la Galerie des Glaces de Versailles. Venise étant déjà imitée par les rois eux-mêmes, autant dire que la copie du miroir vénitien est presque aussi ancienne que le miroir lui-même.

Alors comment distinguer l’authentique de l’imitation ? 
Même si les contrefaçons se perfectionnent, il existe encore des repères visuels et non-visuels qui, mis bout à bout, peuvent vous mettre sur la piste. À condition, bien sûr, de connaître également leurs limites et nuances. 

Et c’est tout l’objet de notre guide…

Table des matières

Disclaimer & coup de gueule

Avant tout chose, petite mise au point :

Nous le ré-expliquons en détail dans notre article sur la fabrication d’un authentique miroir vénitien et aussi dans notre article sur ses origines ;

Mais retenez 3 points essentiels pour éviter les arnaques :

1 : Un authentique miroir vénitien est fabriqué à la main de A à Z sur l’île de Murano, à Venise. Point final. Et depuis la loi du 23 décembre 1994, cette origine géographique est même protégée par la Région Vénétie.

Par conséquent, si le vendeur d’une boutique ou un site internet est incapable de vous certifier cette provenance, ne réfléchissez pas trop : c’est un faux.

2 : Ne confondez pas « reconnaître un miroir de qualité » et « reconnaître un miroir vénitien ».

C’est le point qui nous tient à cœur, parce qu’à travers les différents contenus disponibles sur internet, nous avons vu passer beaucoup de critères martelés avec aplomb comme “infaillibles” pour reconnaître des authentiques miroirs vénitiens. Alors qu’ils n’en sont rien.

Le problème n’est pas qu’ils soient faux en soi, car la plupart des critères sont bel et bien présents sur les miroirs vénitiens. Le vrai problème qui nous dérange, c’est le cruel manque de nuance.

Parce qu’un critère peut être présent, sans être suffisant :
Un biseau taillé main, une gravure taillée main, des fleurettes de verre… tous ces éléments sont présents sur les authentiques miroirs vénitiens. Mais ils peuvent aussi être l’œuvre d’une très bonne copie, fabriquée en dehors de Murano.

Ainsi, votre authentification devrait toujours se faire dans cet ordre :

– Est-ce que la provenance de Murano est garantie ? Si c’est non : arrêtez-vous là, c’est un faux.

– Si la provenance est garantie, vérifiez ensuite les critères listés ci-dessous pour vous assurer que c’est une production artisanale.

Ce qui nous amène à notre 3ème point :

3 : Chacun des indices que nous citons ci-dessous ne sont que ça : des indices. Aucun d’entre eux n’est à prendre pour argent comptant et ils n’ont de valeur que s’ils sont utilisés ensemble. D’autant que chaque indice s’accompagne de ses contre-vérités et nuances, que nous prenons le soin de vous détailler.

La mise au point étant faite, passons aux indices…

Les 4 indices visuels qui peuvent vous mettre sur la piste (avec leurs nuances !)

Indice n°1 : La structure entièrement habillée de parcloses

Premier indice : le cadre.

En effet, sur un vrai miroir vénitien, le cadre en bois n’est jamais apparent. Il est recouvert de “parcloses”, qui sont des plaques de verre soufflées bouche, façonnées, biseautées et gravées à la main.

Résultat : même les bords, fronton et cul-de-lampe du miroir reflètent la lumière et l’environnement.

Maintenant, les nuances :
La première, ce critère est valable uniquement pour un miroir vénitien classique, ou de style français. Pourquoi ? Parce que les ateliers produisent désormais des miroirs vénitiens au style contemporain, ayant le cadre en bois apparent. Pour les clients désireux de l’excellence artisanale Muranienne, sans la surcharge habituelle. 

Seconde nuance : nous l’avons mentionné en introduction, mais certaines copies industrielles de très bonne facture reproduisent ce critère. À prendre ainsi avec pincette.

Indice n°2 : Les imperfections humaines (gravures, décors & parcloses)

Un authentique miroir vénitien est un objet artisanal, fabriqué à la main par plusieurs maîtres verriers, du début à la fin. Il présente donc naturellement les traces de ce travail manuel :

– Gravures légèrement irrégulières.
– Motifs jamais parfaitement identiques d’un côté à l’autre.
– Décors et parcloses aux dimensions légèrement variables.
– Etc. 

Ce ne sont pas des défauts, mais les imperfections humaines signent de la qualité, de l’authenticité et des centaines d’heures de dur labeur des maîtres verriers. En clair, c’est la signature d’un savoir-faire d’exception, qui a refusé la facilité de l’industrialisation.

À l’inverse, une gravure à la régularité parfaite, des motifs dupliqués au millimètre près ou des décors visiblement imprimés en série, trahissent toujours la fabrication industrielle.

Pour que vous visualisiez bien, voici quelques exemples :

Exemple avec les gravures

Pour cet exemple, nous avons pris l’authentique miroir vénitien de style français “King”, fabriqué par l’une de nos verreries labellisées partenaires.

Si vous cliquez sur l’image :
Vous remarquez que les gravures du côté gauche et du côté droit ne sont pas parfaitement identiques : pétales plus petits à gauche qu’à droite, orientations et insertions des tiges différentes, etc. Nous avons encerclé les différences pour vous aider. Ces légères imperfections prouvent le travail manuel.

Nuançons tout de même les propos :
Les maîtres verriers les plus expérimentés font très peur d’erreurs, même à main levée. Il faut donc parfois un sacré coup d’œil pour repérer les différences. Et second point : certains miroirs de bonne facture, fabriqués industriellement en Asie ou au Maghreb par exemple, peuvent avoir les finitions peintes à la main. Qui auront ainsi ces mêmes imperfections. Encore une fois : un indice à confronter avec d’autres.

Exemple avec les décors

Même principe pour les décors en verre rapportés (fleurs, rosettes, etc.)

Vous avez ici en exemple un miroir vénitien classique Redentore, avec un effet antique (le miroir est volontairement vieilli) :

– Cliquez sur l’image.

– Et vous remarquerez que les deux boutons bleus que nous avons encerclés ne sont pas exactement symétriques, d’un côté à l’autre.

– La raison ? L’assemblage 100% manuel !

Exemple avec les parcloses

Dernier exemple avec les parcloses (les plaques de verre qui recouvrent le cadre).

Pour cet exemple, vous avez :
– À gauche, un authentique miroir vénitien de style français “Kapi”, de notre verrerie partenaire. 
– À droite, un miroir d’Amazon vendu comme un “miroir mural vénitien”.

Si vous cliquez sur les images et que vous regardez bien :

– Sur le vrai miroir vénitien, les éléments attachés à la glace centrale ne sont, encore une fois, pas identiques. Celui de gauche est légèrement plus fin en largeur et son insertion n’est pas la même qu’à droite. Un très léger détail qui confirme la fabrication manuelle. 

– Alors que si vous regardez le miroir d’Amazon (image de droite), tout est parfaitement symétrique, les insertions sont similaires au millimètre près = production industrielle par machine.

Indice n°3 : Les éléments rapportés en verre (fleurettes, rosettes)

On vient de le voir rapidement avec l’exemple n°2 : les miroirs vénitiens classiques sont ornés d’éléments en verre rapportés : fleurettes, feuilles, cannes torsadées, rosettes, etc. 

Des éléments en verre de Murano, soufflés bouche et façonnés main séparément, avant d’être assemblés à l’aide de broches. Un style dont l’invention est attribuée au Muranais Giuseppe Briati et qui est devenu le design emblématique des miroirs vénitiens traditionnels.

Une particularité qui est probablement l’indice le plus fort étant donné que les contrefaçons ont beaucoup de mal à reproduire ces éléments. Et en cas de doute, la différence se repère assez vite via la qualité d’exécution de chaque décor.

Pour ça, on vous invite à consulter notre article général sur “comment reconnaître du verre de murano”, étant donné que c’est la matière de ces éléments rapportés.

À garder en tête :
Cet indice est surtout vrai pour le style vénitien. Le style français étant dépourvu d’éléments rapportés pour miser sur la sobriété et la profondeur des gravures, ce critère est inopérant.

Indice n°4 : Les broches visibles

Dernier indice visuel, la présence de broches visibles. 

Sur un vénitien traditionnel les éléments rapportés en verre qu’on vient de voir ne sont pas collés ou vissés. Ils sont assemblés et fixés à la structure via de petits clous à tête de verre, appelés “broches », laissés volontairement visibles.

Un autre indice très fort étant donné que les copies industrielles ne reproduisent pas assez bien cet élément (trop coûteux) et se contentent de coller tous les éléments à plat.

À garder en tête :
Tout comme l’indice précédent, celui-ci est surtout vrai pour le style vénitien, étant donné que le style français arborent que très rarement ces éléments en verre.

Les 2 indices non-visuels pour un achat neuf et/ou en ligne (quand vous ne pouvez ni manipuler ni observer la pièce de près)

Indice n°1 : Le prix

Comme nous l’avons montré à travers les étapes de fabrication, un miroir vénitien authentique mobilise plusieurs savoir-faire : design, construction de la structure en bois, découpe, taille & gravure main, argenture, fleurs et décors soufflés, assemblage, etc. Pour un total d’une centaine d’heures de travail pour UN SEUL miroir.

Alors entre :
– Les matières premières.
– La main-d’œuvre.
– Le coût de l’énergie.
– Le temps de fabrication.
– Et la rareté des ateliers qui perpétuent ce savoir-faire.

Un miroir vénitien ne peut, mécaniquement pas, être abordable. Par conséquent, un prix trop bas est forcément le signe d’une production industrielle.

Pour les tranches de prix exactes, elles sont indiquées sur notre page d’achat (et sont tirées des prix pratiqués par les revendeurs comme nous, agréés pour proposer les pièces des deux familles labellisées de l’île).

Mais partez du principe qu’un vrai miroir vénitien petit format (~75cm) au style minimaliste, ne se trouvera JAMAIS en dessous de 3000/4000€. 

Par conséquent, un vrai miroir vénitien vendu à -1000€ est très suspicieux. A moins d’être un très très petit format de table, à poser sur une coiffeuse par exemple (<33cm). 

Attention, nuance : un prix élevé ne prouve rien non plus. Une copie industrielle peut très bien être vendue cher pour s’apparenter à du luxe. Un prix trop bas est ainsi un bon filtre négatif (il élimine d’office les contrefaçons), mais n’est pas un critère d’authenticité à lui seul.

Dernier point sur la provenance : 
AUCUN authentique miroir vénitien n’est vendu sur Amazon ou autre marketplaces généralistes de ce style. Les pièces du label Vetro Artistico® Murano sont vendues directement par les verreries de Murano ou des revendeurs comme nous, agréés par le Consorzio.

Indice n°2 : La présence ou non du label Vetro Artistico® Murano

Encore une fois, l’origine et le détail de ce label sont expliqués dans notre article sur le verre de Murano, mais en résumé :

C’est un label institué par la Région Vénétie depuis la loi n°70 du 23 décembre 1994 et géré par le Consorzio Promovetro Murano. Il certifie ainsi légalement l’authenticité des pièces et leur fabrication à Murano, selon les techniques traditionnelles. 

Chaque verrerie possède son propre N° de label et chaque produit aussi. Par conséquent, vous savez déjà que si un site internet ou une boutique est incapable de vous fournir ces numéros quand vous les demandez… il y a quelque chose qui cloche.

Maintenant, apportons tout de même deux nuances à ce label :

– La première, il a été instauré en 1994. Les miroirs anciens en achat d’occasion ne s’y prêtent donc pas. Pour un achat d’occasion, le mieux est de nous contacter pour que nous vous aiguillions.

– La seconde, certaines familles et entreprises de l’île décident délibérément de ne pas y adhérer, pour des raisons commerciales, familiales ou simplement d’égo. Par conséquent, une entreprise peut ne pas posséder le label et produire des authentiques miroirs vénitiens, si ces derniers sont fabriqués sur l’île en respectant les traditions. Le seul problème dans ce cas : vous devez croire la verrerie sur parole. Là où la présence du label lève le doute, puisque le comité du Consorzio valide lui-même l’authenticité de chaque pièce avant d’adhérer une entreprise.

Conclusion

Même si on adorerait tous pouvoir reconnaître un miroir d’un seul regard, comme le ferait un antiquaire de cinéma, cela relève surtout du fantasme. La réalité est autre : dans bien des cas, la distinction est difficile et parfois même, impossible à l’œil nu.

Si vous ne deviez retenir qu’une seule règle, c’est celle-ci :

– Pour un achat neuf (en ligne comme en boutique), fiez-vous en priorité à la présence du label Vetro Artistico® Murano et au prix.

– Pour une pièce ancienne ou d’occasion, appuyez-vous sur le recoupement des indices visuels mentionnés. Si un seul vient à manquer = prudence.

Et si votre doute persiste :
La façon la plus sûre d’avoir le cœur net reste de vous faire accompagner avant d’acheter. Et c’est précisément notre métier : nous authentifions et sélectionnons des miroirs vénitiens, et nous serons heureux de vous aider à y voir clair, que la pièce vienne de chez nous ou d’ailleurs. 

Pour découvrir notre sélection de miroirs vénitiens, cliquez juste ici.

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