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Miroirs Vénitiens

Qu’est-ce qu’un miroir vénitien ?

Un miroir vénitien (« specchi veneziani » en italien) est un miroir fabriqué à la main sur l’île de Murano, à Venise, dont le cadre (généralement en bois) est recouvert de plaques de verre soufflé (appelées « parcloses ») biseautées, gravées à la main et assemblées autour du miroir central.

Fabriqués sur l’île de Murano, à Venise, suite à la délocalisation de la production verrière vénitienne en 1291 pour éviter les incendies sur l’île de Venise, ils sont rapidement devenus populaires (et imités) à travers l’Europe et le monde. Une popularité qui a même poussé la République de Venise à prendre des mesures pour éviter l’émigration des maîtres verriers et conserver les secrets de fabrication.

Aujourd’hui, grâce à quelques familles héritières de ces secrets qui ont relancé la production, les miroirs vénitiens sont toujours l’un des objets décoratifs les plus convoités (mais aussi malheureusement… l’un des plus copiés au monde).

Mais alors, pourquoi sont-ils devenus si populaires ?
Grâce notamment à ces 3 éléments qui les distinguent d’un miroir classique :

1 : L’usage du verre de Murano (pour le miroir central comme pour certains éléments du cadre).

2 : Les décors somptueux : entre gravures profondes, formes géométriques nettes ou décors richement ornés (fleurs, feuilles, rosettes, baguettes torsadées), les miroirs vénitiens sont connus pour être autant des miroirs que de véritables œuvres d’art.

3 : La fabrication manuelle : que ce soit les gravures, les décors, le biseautage ou même l’argenture… la fabrication d’un authentique miroir vénitien est toujours une histoire artisanale, naissant de la main de l’homme, depuis les premières tentatives dans les années 1300. Et les verriers vénitiens sont restés, depuis cette date, les seuls à maîtriser les secrets de cet art.

Les 6 grandes techniques & étapes de fabrication d’un miroir vénitien

Un authentique miroir vénitien passe par 6 étapes, toutes réalisées à la main, dans le même atelier muranais :

1ère étape : « Il progetto » (le dessin)
Tout commence par une idée. L’artisan trace le projet à l’échelle, en tenant compte des proportions du miroir central et du cadre.

2ème étape : « Il taglio » (la découpe)
Chaque pièce de verre est taillée à la main. Les bords bruts (« fio grezo ») seront ensuite polis.

3ème étape : « La molatura » (le meulage / biseautage)
Souvent appelé « bizeo », c’est l’étape où les bords sont biseautés à la meule diamant. Résultat ? Des bords nets qui captent la lumière comme des facettes de pierre précieuse.

4ème étape « L’incisione » (la gravure)
Effectuée à froid, c’est la signature visuelle du miroir vénitien (notamment de style français). C’est aussi à cette étape que l’artisan révèle toute l’étendue de son savoir-faire unique au monde, puisque chaque gravure est réalisée à la main à l’aide d’une roulette (« rodea »). Aucun motif n’est ainsi… jamais strictement identique.

5ème étape : « L’argentatura/argentà » (l’argenture)
Étape qu’on peut considérer comme la plus importante du procédé, puisque c’est à ce moment-là que le miroir est « métallisé ». Autrement dit : qu’on transforme une simple plaque transparente en un miroir. Pour ça, l’artisan dépose une fine couche de métal réfléchissant sous le verre, protégée ensuite par une laque de finition. C’est aussi à cette étape que le rendu final varie selon le style de finitions choisi : « in bianco » (finition classique pour un miroir brillant), « a vecio » (finition vieillie pour un effet antique & vintage) ou « a piombo » (finition au plomb pour une teinte violacé sombre, qui donne un effet théâtral). Une variété de finitions et de méthodes qui, premièrement, permet de répondre aux différentes attentes et goûts des consommateurs. Mais qui surtout révèle le niveau de maîtrise et d’excellence artisanale des verriers Muranais. C’est ça, qui distingue votre futur miroir vénitien labellisé… d’une production industrielle et mécanique sans âme.

6ème et dernière étape : « Il montaggio » (l’assemblage)
C’est ici que la version finale du miroir vénitien que vous exposez chez vous prend forme. Grâce à de petits clous décoratifs à tête de verre (appelés « broche »), les pièces sont fixées entre elles. Résultat ? Aucune colle apparente ni aucune vis.

Un travail 100% manuel et un enchaînement de geste hérité de plusieurs siècles qui peut s’étaler sur plusieurs jours ou semaines. Au total, la fabrication d’un seul miroir vénitien peut demander des dizaines voire centaines d’heures de travail, selon la complexité du modèle. Ainsi, un grand miroir baroque richement orné peut facilement occuper l’atelier sur plusieurs semaines.

Et d’ailleurs en parlant d’ateliers, voici…

Les deux seules familles qui fabriquent encore d’authentiques miroirs vénitiens

On vient de voir les différentes étapes de fabrication.

Maintenant, voyons ceux qui les perpétuent encore :
Parce que sur les 35 verreries certifiées par le label officiel de la région Vénétie « Vetro Artistico® Murano », seules 2 ont pour spécialité la fabrication de miroirs vénitiens.

Connaître ces deux noms, c’est savoir reconnaître les seules sources d’authentiques miroirs vénitiens aujourd’hui :

1 : La famille Barbini (AAV Barbini)
Atelier fondé à Murano en 1927 par Nicolò Barbini, la tradition familiale dans le verre remonte au XVIIème siècle. Encore aujourd’hui, c’est une histoire de famille avec deux générations qui travaillent ensemble : Vincenzo et Giovanni et leurs enfants Nicola, Marco, Giovanna, Andrea, Pietro, Filippo. Spécialisés dans la production et la restauration de miroirs anciens, leurs pièces sont présentes dans les palais royaux, maisons de luxe, villas privées, etc.

2 : La famille Ongaro & Fuga
Fondée en 1954 par Franco Fuga et sa femme Tullia Ongaro, cette Maison installée Calle del Cristo à Murano se distingue par sa capacité à travailler aussi bien le style vénitien classique que des créations contemporaines. Leurs miroirs se retrouvent régulièrement dans les hôtels, restaurants ou même trains de luxe (Orient Express) à travers le monde.

Comment choisir votre miroir vénitien ? Les 3 critères à connaître et à prendre en compte

1 : Le choisir selon le style

Avec le temps, le miroir vénitien s’est « scindé » en 3 grandes familles de style :

Le style vénitien classique (« stile veneziano ») :
Miroir baroque historique, connu pour ses décors somptueux richement ornés de fleurs, feuilles, rosettes, etc. Et parfois, de légères touches de feuilles d’or ou d’argent. À privilégier dans un intérieur à fort caractère : hôtel particulier, salon classique, salle à manger d’apparat.

Le style français (« stile francese ») :
Apparu au XVIIème siècle avec la rivalité Versailles/Venise, les miroirs français sont généralement moins ornés et se reconnaissent par leur gravure sobre mais profonde et la précision géométrique des biseaux. À privilégier dans un intérieur haussmannien, néoclassique ou contemporain habillé.

Et enfin… le style contemporain :
Épuré, formes sobres, silhouette plus discrète… bref, un style qui joue le minimalisme pour s’intégrer à nos intérieurs modernes.

2 : Le choisir selon la forme/taille

Ici, 5 formes différentes prédominent :

Le rectangulaire vertical :
Forme la plus polyvalente. Idéale au-dessus d’une console, d’une cheminée, dans une entrée.

L’ovale :
Il casse les angles d’une pièce trop géométrique et apporte de la « douceur » à l’ensemble. Idéal en miroir de chambre ou dans un couloir par exemple.

L’octogonal :
Souvent avec un effet très décoratif, c’est la forme typique du XVIIIème vénitien. Et il a tendance à devenir la star de la pièce. On vous le recommande pour votre entrée par exemple.

Le rond :
Forme plus discrète, elle apporte, comme l’ovale, un côté « apaisant » à l’espace. Et de par leur taille souvent plus petite, c’est un type de miroir parfait pour votre salle de bain, au-dessus d’une vasque par exemple.

Le grand miroir vénitien (au-delà de 150 cm) :
Ici, on change de dimensions ! Pensé pour les pièces à hauteur sous plafond généreuse, comptez minimum 30cm entre le haut du miroir et le plafond, pour préserver l’effet de prestige.

3 : Le choisir selon la pièce où vous souhaitez l’installer

Sur le papier, un miroir vénitien peut s’installer dans n’importe quelle pièce. Mais il y a quand même règles à respecter pour éviter les fautes de goût :

Le salon :
Au-dessus d’une cheminée, d’une console ou d’un canapé, c’est probablement l’usage le plus courant. Car au-delà de son aspect décoratif indéniable, le miroir vénitien a aussi la capacité de démultiplier la lumière de vos lustres & lampes.

La salle à manger :
Idéal au-dessus de votre buffet ou face à une fenêtre pour qu’il reflète la table et amplifie la convivialité.

L’entrée :
Privilégiez un format vertical et assez grand en hauteur. Car même si la fonction première dans une entrée est décorative avant tout (pour « donner le ton » dès qu’on entre chez vous). Un miroir suffisamment grand vous permettra aussi les derniers ajustements de tenue avant de sortir.

La chambre :
Ici, le même conseil peut s’appliquer : un format vertical et assez grand, pour vous mettre en valeur quand vous vous habillez. Mais préférez les styles plus sobres qui n’imposent pas une présence trop solennelle. Et si vous souhaitez simplement un miroir décoratif, un ovale ou rond aux délicats motifs floraux fera parfaitement l’affaire.

La salle de bain :
Oui, c’est possible de mettre un miroir vénitien dans votre salle de bain (par exemple au-dessus d’une vasque comme on dit plus tôt) ! Mais à plusieurs conditions : la première, d’avoir une pièce aérée avec une ventilation correcte pour éviter que l’humidité « attaque » certaines parties du miroir. La deuxième, de privilégier les styles sobres et épurés. Dans une salle de bain, on préférera le côté fonctionnel à décoratif. Et bien sûr, dernier conseil bon sens : ne jamais l’installer face à une douche sans paroi.

Bien évidemment :
💡 Ces conseils sont des indications générales. Pour un conseil précis et définitif, veuillez nous contacter directement.

Comment reconnaître un véritable miroir vénitien ?

Si on est honnête avec vous :
Seule l’expérience et un œil bien entraîné vous aideront à faire la différence entre un vrai et un faux.

Mais voici tout de même quelques indices techniques qui peuvent vous mettre sur la piste (ça demande évidemment d’avoir le miroir sous les yeux, d’assez près) :

1er indice : le poids
Cadre, décorations, miroir central : tout est en verre épais. Un authentique miroir vénitien est donc, par définition, lourd.

2ème indice : les imperfections humaines
On en a déjà parlé plus haut lors des techniques de fabrication : tout est réalisé manuellement, de la main de l’homme. Résultat ? Aucun décor ni aucune gravure ne sont strictement identiques ni parfaitement symétriques les uns des autres. C’est l’irrégularité du geste manuel et c’est ce qui participe aussi au charme des miroirs : chacun d’entre-deux est un objet unique au monde, impossible à reproduire à l’identique. En clair ? Même si ça paraît paradoxal : un miroir vénitien où tout est trop « parfait » = méfiance.

3ème indice : les biseaux
Meuler à la main pendant l’étape du « bizeo », ils captent et reflètent la lumière de façon vivante. Si vous ne voyez rien, même à contre-jour, méfiance.

4ème indice : les broches (clous à tête de verre)
Pour rappel, l’assemblage d’un miroir et de ses décors se fait grâce à des petits clous décoratifs à tête de verre, enfoncés délicatement un par un à l’aide d’un marteau. Résultat ? Pas de colle apparente ni de vis, mais les petits clous sont visibles aux jonctions. Donc, encore une fois, si tout est trop « parfait » et que rien n’est visible = méfiance.

Et si vous n’avez pas le miroir sous les yeux, 2 indices viennent les compléter :

5ème indice : le prix
Probablement le plus simple à identifier car un prix trop faible est l’assurance d’un faux (surtout quand le miroir est vendu neuf). Parce qu’entre les matières premières, la main-d’œuvre, le temps de fabrication et la rareté des pièces… un authentique miroir vénitien coûte cher. Minimum plusieurs milliers d’€ pour les modèles les plus simples. Donc si un miroir « authentique » est vendu à 300€/400€… vous pouvez être certain qu’il est faux.

Attention :
Un prix trop élevé ne veut pas dire pour autant que c’est forcément un authentique. Beaucoup de sites marchands achètent des miroirs « style vénitien » en Asie ou au Maghreb et les revendent à prix d’or grâce à un bon marketing.

Conclusion :
Prix trop faible = vigilance garantie.
Prix élevé = bon signe, mais ne vous fiez pas qu’à ça.

6ème et dernier indice (le plus révélateur et le seul qui tient pour un achat neuf en ligne quand vous ne pouvez ni examiner ni toucher le miroir) : le label.
Sur internet, aucune photo ne peut révéler le poids exact, les imperfections humaines, ou les broches. Résultat, un seul critère résiste à la distance : le label Vetro Artistico® Murano, avec le numéro de la verrerie productrice. D’autant qu’on l’a vu plus tôt, il n’y a plus que 2 familles productrices d’authentiques miroirs vénitiens labellisées. Donc difficile de dire qu’on ne connait pas leur N° de label. D’ailleurs, les voici : 097 pour la famille Barbini et 002 pour la famille Onagro & Fuga.

Si un site est incapable de vous les re-donner = arnaque à 100%.
Pour en savoir plus sur cette histoire de label, on l’explique en détail sur notre page verre de Murano.

Conseils bonus :
💡 Faites également attention aux sites qui ne vous proposent pas de garantie. Et à ceux qui se contentent de termes marketing et vagues tels que « Made in Italy », « Style Vénitien » ou « Tradition vénitienne ». Bien souvent ce sont des termes utilisés pour masquer la vraie origine des miroirs, en jouant sur les mots.

Combien coûte un authentique miroir vénitien ?

Entre 2000€ et 10 000€ pour les pièces les plus simples. Et jusqu’à +10 000€ pour les grandes pièces ornées d’or 24 carats ou les pièces sur-mesure.

Le prix exact varie selon la taille, la densité de gravure, les décors, la présence de feuilles d’or 24 carats et la complexité du cadre. Donc difficile de vous donner une fourchette plus petite.

Mais vous l’aurez compris :
Les miroirs vénitiens sont des pièces onéreuses… mais à juste titre ! Parce qu’on parle d’une pièce fabriquée à la main pendant plusieurs centaines d’heures, unique au monde et susceptible de traverser les générations. Bref, une pièce avec une âme et un ADN hérité d’une tradition italienne de +500 ans.

Bonus : les autres questions fréquentes sur les miroirs vénitiens

Comment reconnaître un vrai miroir vénitien ?

Le seul critère fiable pour reconnaître un vrai miroir vénitien, surtout pour un achat à distance, est la présence du label « Vetro Artistico® Murano », accompagné du N° de la verrerie productrice.

Quel est le poids d’un miroir vénitien ?

Entre 15 et 25kg pour un miroir mural moyen (80 à 120cm), 40 à 70kg pour un grand miroir (150-180 cm) et +100 kg pour les pièces d’exception.

Quelle est la durée de vie d’un miroir vénitien ?

Bien entretenu… illimitée. Ou du moins plusieurs siècles minimum (s’il est authentique !). Certains miroirs vénitiens du XVIIème siècle sont encore exposés dans les musées et les palais. Alors avec un entretien régulier, votre miroir traversera plusieurs générations sans aucun souci. D’autant qu’en cas de ternissement, les ateliers comme Barbini ré-argentent le miroir pour lui une seconde jeunesse.

Comment entretenir votre miroir vénitien correctement ?

Avec un dépoussiérage régulier à l’aide d’un chiffon microfibre sec ou d’un plumeau doux. Et un nettoyage à l’eau tiède 30/35°C avec quelques gouttes de savon noir s’il y a des taches. JAMAIS de produits chimiques ni de produits ménagers, qui sont trop agressifs.